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La fin du voyage

Après six mois de pérégrinations asiatiques en une vingtaine d’étapes, nous avons abandonné quelques vêtements trop usés pour être ramenés et nos affaires personnelles se sont réduites à peau de chagrin : c’est l’avantage d’être en climat tropical. De quoi nous permettre de réorganiser nos bagages en acquérant deux énormes valises qu’une erreur inouïe d’étiquetage nous a permis d’acquérir à moitié de leur prix d’origine (25€ les deux).

Valises de chez Tesco

Valises de chez Tesco

Nous avons ensuite disposé nos compagnons de route Yeah et Yoyo dans les valises. Le démontage tranquille a nécessité deux jours – eh oui – pendant lesquels Brice a fait face à l’équation “Mettre deux vélos pliants dans deux valises respectant les dimensions standard avion d’Air France et d’un poids de 23 kilo maximum”. L’équation n’a pu être résolue que par le facteur démontage et cartonnage des aspérités.

Dans la valise

Dans la valise

Aéroport de Singapour. Nous répartissons une dernière fois nos affaire entre les valises. Heureusement Marine accueille une partie de nos effets personnels dans la sienne. Nous avons investi un comptoir désert mais dont les balances électroniques sont toujours en fonction. Nous avons exactement le poids requis pour chaque bagage. Pile poil !!

Dix mille kilomètres et quelques de plus aux compteurs, nous atterrissons à Roissy Charles de Gaulle. Notre commandant de bord s’excuse presque auprès des passagers pour ce temps hivernal : en plein mois de juillet, il pleut et les températures ne dépassent pas 12 degrés.
Nos accoutrements incongrus sont totalement inadaptés. Nous plongeons dans notre valise pour récupérer les polaires.

C’est fini !!

 

De Siem Reap à Bangkok

8:30, place centrale, Siem Reap est déjà levée depuis quelques heures. Les habitants vaquent à leurs occupations. Nous sommes nous même en train d’attendre notre bus pour Bangkok dont nous avons acheté les billets la veille (pour 4USD/personne et 4USD pour les deux vélos ) .
Brice prend son mal en patience et, ce n’est pas un secret, il a toujours du mal …

Six heures plus tard, nous sommes à Poi-Pet, poste frontière vers la Thaïlande. A la descente du bus nous sommes assaillis par les porteurs. Contrairement à notre habitude, nous ne les refusons pas et négocions à 2USD, que l’un d’eux transporte nos baggages jusqu’au “last stamp”. Nous n’avons pas à faire la longue queue de l’extérieur, celle des Cambodgiens. Une attente modérée et mon passeport se trouve doté d’un nouveau tampon pour 15 jours en Thaïlande. ( Alternativement, nous avons attendu avec le porteur pendant que l’autre faisait son visa ). Nous rejoignons ensuite Aranyaprathet en vélo sur six kilomètres au lieu de prendre le bus ou le taxi comme font généralement les touristes. Chouette, on a le temps d’aller manger à un petit restaurant de rue (30 bath l’assiette).
Retour à la gare juste à temps pour échapper à une pluie tropicale. Le train est déjà en attente sur le quai et nous nous dirigeons vers le dernier wagon d’arrière pour embarquer les vélos.

Brice les arrime comme il peut avec une combinaison d’antivols et de sandow de manière ferme mais souple. Nous nous installons ensuite deux wagons plus loin parce que le wagon le plus proche est réservé aux moines. Brice avec son crâne rasé n’a pas enmmené sa robe safran. 8) Dommage …

Ici, un arrêt d’aiguillage me donne le temps de voir un danseur de claquettes fou sur le quai de la gare. Le voyage s’éternise et le soleil se couche.

On tue le temps comme on peut : ce petit garçon est en train de mettre à rude épreuve un jeu sur le portable de sa maman. Adieu batteries !

Nous arrivons sur Bangkok et le train se remplit à mesure. Les maisons dressées à la hâte le long de la voie ferrée se multiplient. Les lumières révèlent l’intimité de familles qui ne peuvent s’offrir d’autres abris. Sur le quai même qu’on surplombe, l’un a installé son transat et prend l’air frais du soir. Là un autre, à deux mètres du wagon, vient de se lever de son pliant et s’en retiré à l’intérieur. Mon regard l’a surement dérangé.

19:55. Gare de Hualamphong à Bangkok. Ce soir nous dormirons à l’hôtel Penpark Place sur Samsen Road, tout près de KhaoSan.

Et une place pour notre fi-fille

Demain nous irons chercher notre fi-fille à l’aéroport. Cinq mois sont passés depuis notre arrivée à Bangkok. Déjà!!

Siem Reap ► Poi Pet (140km)

Bus de la compagnie Capitol Tour
4USD par personne, 2USD par vélo.

Poi Pet ► Aranyaprathet (6km)

En vélo …

Aranyaprathet ► Bangkok (255km)
State Railway of Thailand. Train n°276 de 13:55 à 19:55, class 3
Prix: 48 baths par personne et (2×30 +20) baths de supplément pour les deux vélos.

Phnom Penh, marché de bicyclettes d’occasion

Je vais m’attarder avec vous encore un peu parmi les bicyclettes d’occasion tant j’ai passé de temps à déambuler d’échope en échope. Celles-ci sont concentrées dans un même périmètre ce qui facilite l’exploration.
C’est donc un pan de l’économie de la ville qui repose sur cette activité ; Avec à la fois des commerçants qui s’assurent une source de revenus mais aussi des clients qui y trouvent un moyen de locomotion abordable.
Regardez cette femme armée d’une bombe à peinture apportant sa touche finale au reconditionnement. Ils sont vraiment doués pour trouver la couleur exacte en mélangeant dans un godet de pulvérisation des couleurs provenant d’un coup de bombe par ci et d’un coup de bombe par là.

un coup de peinture en pleine rue

un coup de peinture


J’ai craqué et je craque encore devant leurs sourires peu farouche à la vue de mon appareil.
smiles

smile

La passion du vélo peut commencer tôt …

vélo jouet
vélo jouet

La peau lisse
En revenant d’une de ces visites, nous débouchons sur une artère principale dotée d’un terre-plein central en béton difficilement franchissable. Que faire ? Suivre le sens de circulation à droite sur plus d’une centaine de mètres pour pouvoir faire un “U” et revenir à notre destination finale qui se trouve à gauche ?
Bah il est plus simple de tourner tout de suite à gauche, à rebours de la circulation, pour rejoindre le croisement situé à 25m, enfin, c’était ce qu’on croyait ! Et voilà que nous nous faisons pincer par la Police.

  • On doit s’arrêter.
  • On nous demande nos papiers … Euh ils sont à l’hôtel, n’est ce pas ?
  • On nous dit qu’on va aller au poste … Ah je montre ma satisfaction. D’accord. On y va.
  • Oui, Oui. Nous sommes français.

Pendant ce temps je fais une photo des lieux en souvenir

moto à rebours de la circulation

moto à rebours de la circulation

Oh! Bah Zut alors. Une moto passe à rebours de la circulation . Pas gentil. Mais que fait la peau-liiisssse ???
Ces messieurs commencent à regarder ailleurs et sur ce, nous enfourchons nos vélos et repartons. OUF !

Phnom Penh une seconde vie pour des bicyclettes

Brice s’est pris pour marotte de passer à un guidon doté d’une potence réglable (La potence, c’est la partie qui relie le cintre du guidon à l’axe de direction). Celà lui permettrait ensuite d’adapter un cintre de son choix sur des critères tels que confort et ergonomie. Oui mais avec son vélo déjà équipé d’ une goulotte d’axe de direction à rainure, c’est devenu sa quête du Graal que de trouver un axe qui aille bien.

bicycletterie - Phnom Penh

bicycletterie - Phnom Penh


Nous sillonnons donc les différentes cycleries de Phnom Penh, une manière différente de découvrir la ville. Ici, nous nous arrêtons devant une boutique qui vends des bicyclettes de seconde main. Leur filière d’approvisionnement vient du Japon : il y a là des biclounes quelconques comme des engins de marque. Brice repère un Dahon, des cyclos de route Panasonic qui vont retrouver ici une seconde vie pour une poignée de dollars.
arrivage de bicyclettes

lot de bicyclettes en provenance du Japon

Une équipe de jeunes ados sont chargés de leur remise en condition: grattage à la paille de fer et lavage sont leurs prérogatives.Ca doit briller!
rinçage final

rinçage final

Tout à leur gagne-pain, ils se poussent néanmoins du coude chaque fois que l’un d’eux se trouve dans la ligne de mire de mon appareil photo. Les commentaires vont bon train …
Sourire

Du haut de ses jeunes années, un sourire ravageur

L’étape suivante peut nécessiter un coup de peinture. Ici, ce vélo de facture chinoise va se refaire une beauté.

bicyclette chinoise

bicyclette chinoise

Ma patience -photographique – sous le soleil sera récompensée. Brice me déniche de nouvelles pédales (3USD) pour mon YoYo. Fini le “TacTac” senti dans la pédale gauche à chaque tour de roue.  :D
Effectivement, tout ça ne coûte pas bien cher et j’ai satisfaction à penser que ces vélos après avoir subi un temps la futilité de leurs propriétaires, vont vivre une seconde vie ici au Cambodge, au service de personnes qui n’auraient jamais pu s’offrir de telles bicyclettes si elles avaient été neuves.

Lien: J’ai trouvé ce guide sympa sur Les vélos de Patrick pour m’aider dans le futur à choisir le guidon de vélo qui va bien parce que moi c’est le confort du dos en cyclo-tourisme qui me motive, pas la recherche de la performance.

Saïgon – Phnom Penh

Nous effectuons Saïgon Phnom Penh avec la très recommandable compagnie Mailinh encore une fois. Nous faisons l’acquisition de nos billets, la veille de notre déplacement, à leur bureau situé à quelques 100m de Rainbow hotel. Là nous nous faisons confirmer par le manager qu’il n’y a pas de surcharge pour nos bicyclettes.
Au matin 8h30, bicyclettes pliées, nous embarquons à bord du bus. Sitôt que le bus a démarré, le stewart vient nous demander de payer un supplément pour les bicyclettes: c’est un voyage international affirme-t-il. Pas de chance pour lui, il renoncera à sa tentative d’extorsion lorsque nous lui suggérons d’appeller son manager et de s’expliquer avec lui sur la question.
Le passage de la frontière se fait comme une lettre à la poste. Un employé Mailing est déjà là. Il collecte nos passeports – et pourtant vous savez bien moi, mon passeport j’ai du mal à le perdre de vue  :eek: – s’occupe des formalités ; il ne nous reste qu’à nous acquiter des 25USD par personne pour repartir avec un passeport doté du visa Cambodgien pour un mois.
Frontière passée, la physionomie de la route change déjà. A cause des nids de poules, le bus est très souvent sur la file de gauche, au grand dam des deux roues venant en sens inverse.

Physionomie de la route - Cambodge

Physionomie de la route - Cambodge

Le ciel se reflète dans les champs et les silhouettes de palmiers découpent l’horizon.

reflets - palmiers

reflets - palmiers

A Neak Leung, nous passons le bac pour gagner l’autre rive du Mekong, à encore une soixantaine de km de Phnom Penh ( Le pont en construction est prévu pour 2015) . D’étranges paniers circulent entre les véhicules: ce sont les vendeurs de graines de lotus qui les ont juchés sur leur tête.
fruit du lotus

fruit du lotus

Le bus s’engage sur la plateforme du ferry. Rideau ;  je dodeline de la tête et je m’endors pour ne rouvrir les yeux qu’en arrivant dans Phnom Penh. Bonjours les poulettes: votre avenir n’est pas des plus assurés…
Poulettes allant au marché

Poulettes allant au marché

Un rayon de bonheur

Qu’est ce qui se passe quand on monte et qu’on descend les collines de Dalat et qu’on emprunte -parfois – des chemins cabossés ? Oui : Les freins s’usent. Pour cette partie là, c’est résolu (voir l’atelier réparation sur le trottoir ). Or, à bien y faire attention, puisqu’on on avait bien entendu hier un drôle de bruit de corde de piano qui casse, Brice découvre après inspection sur son Yeah un rayon cassé puis un deuxième sur le point d’agoniser .

Point partiellement positif, nous ne sommes pas au milieu de nulle part et la cyclerie nous vend un jeu de rayons neuf avec une clé à rayons ou aussi clé à avoyer (moins de 3USD). Oui mais, le rayon à remplacer se trouve côté cassette et pour commencer il faut  donc un démonte-cassette que nous n’avons pas dans la mini-poche à outils. Qui plus est, il est possible que la roue se soit un peu voilée  :!:

La cyclerie nous indique un atelier un peu plus bas pour faire les opérations. On y va, illico-presto.

Atelier de Trung Chinh Shop

Trung Chinh shop bycicle repair

Trung Chinh shop bicycle repair

L’atelier est un vrai foutoir situé dans un garage dont les deux tiers sont occupés par une voiture et le reste par un joyeux bric à brac à l’ordonnancement mystérieux. Pas étonnant que nous soyions déjà passés devant sans nous attarder. Un jovial petit homme en émerge qui nous donne rapidement le diagnostic vital de la machine: “OK mais une heure d’immobilisation”. En effet, il a le truc qui nous manque, j’ai nommé le fameux démonte cassette.

Démonte cassette

Démonte cassette enfiché dans la cassette

-Euh on peut rester pour regarder et apprendre ?
-Affirmatif

De fil en aiguille et d’écrou en rayon, Mr Nhan nous apprend – dans un très bon anglais ma foi – qu’il a cinquante ans, deux enfants et adore le vélo. Il nous montre d’ailleurs son vélo que Brice s’empresse d’enfourcher pour les sensations.

Vélo de Mr Nhan

Sur le vélo de Mr Nhan

Pendant ce temps Mr Nhan lui, travaille. Il a remonté avec dextérité les rayons manquants et maintenant il en vérifie l’alignement avec un engin de sa confection. Vous pouvez comparer son aligneur avec un engin manufacturé comme dans l’illustration de ce wikibook “Comment dévoiler une roue” : C’est pour faire exactement la même chose mais l’un des deux a couté largement moins cher ! Remarquez le fil électrique gainé jaune qui permet de savoir en cas de frottements si la roue est voilée.

support de dévoilage

support de dévoilage

Ce qui ne gâche rien, c’est que Mr Nhan aime son travail. Il avoue que d’être heureux chaque matin en se levant est sa clé pour rester jeune. Il a plus d’un rayon de bonheur dans sa besace ! Pour couronner le tout, Mr Nhan complète son travail par le réglage de tous nos freins : “Trop ouvert” constate-t-il à chaque fois. Euh, la béotienne du vélo se fait honte face au spécialiste, mais tout finit par un sourire.

Bicycle doctor

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Mr Nhan, 329A Phan Dinh Phung Street – Dalat Vietnam (situer sur le plan)